Les alpages

Aux alentours de l’an mille, les abbayes qui rayonnaient sur l’espace savoyard étaient extérieures au territoire couvert par les deux départements actuels de Savoie et de Haute-Savoie. Le temps des moines débuta véritablement dans la première moitié du XIe siècle avec les donations consenties à ces abbayes péri-alpines, d’abord par le roi de Bourgogne et son épouse, puis par la haute aristocratie locale, enfin par les fidèles de celle-ci. Les cessions d’alpages se sont poursuivies jusqu’au milieu du XIIIe siècle, de plus en plus sous la forme d’achats et de moins en moins sous celle de donations.
L’épidémie de peste de 1348 décima la vie pastorale et celle des troupeaux. Puis, par la suite un nouvel essor pastoral renaît sous la forme d’exploitation collective des pâturages : le ” Fruit Commun ” Celui-ci est devenu une institution telle que nous la vivons encore aujourd’hui sous la forme de ” Groupement Pastoral “.

Les montagnes à partir de la Station actuelle de Plagne 1800 étaient et sont toujours des biens communaux. La montagne de La Plagne et celle de Forclaz sont depuis des siècles exploitées comme pâturages d’été pour les vaches.
Autrefois, un “procureur” était nommé par la commune pour 2 ans et avait en charge le recrutement des ouvriers pour la traite et la garde des vaches et celui du fruitier pour la fabrication du beaufort.
Les vaches partaient en alpages 90 jours de la saint Jean (24 juin) à la saint Michel (29 septembre) et le fruitier suivait le troupeau pour la fabrication du fromage. Une fois fabriqué, le fromage était descendu pour être mis en cave. Derrière la Salle Hors Sac actuelle, il existait 2 caves, une pour le beaufort et une autre pour le sérac (fromage fabriqué à partir du lait caillé).
Aujourd’hui l’alpage dure 100 jours et le fromage, en été, n’est fabriqué qu’à un seul endroit : la fruitière du Dou du Praz et affiné en cave à la Coopérative d’Aime où il est vendu au public. De nos jours il reste 5 agriculteurs sur la commune pour quelque 300 vaches.
Tout comme jadis, la pesée du lait a lieu au cours de l’été, pour connaître le rendement. Ce chiffrage servira de base à la répartition du bénéfice des ventes au prorata des litres de lait.

D’origine prélatine, désignant d’abord autant la chaîne dans son ensemble qu’une hauteur, “alpe” a pris au Moyen Âge le sens plus restreint de pâturage d’été.
“Montagne” (montanea), paraît avoir eu à peu près le même sens à ceci près que son aire d’expansion était plus vaste que celle d’ “alpe”
“Tar” signifie rocher
“Les Arpettes” : hauts alpages
“Les Esserts” : du vieux français “essarter” : défricher. Les terres étaient défrichées et les broussailles brûlées afin de donner plus d’alpages donc plus de bétail.