Le Compostage

Où trouver le meilleur engrais pour son jardin ?

Par Elisabeth PEDRON, consultant en écologie et développement durable


Pourquoi composter ?

Absurde paradoxe de notre société: nous croulons sous les déchets et nous achetons des engrais chimiques pour nos jardins alors qu’1/3 de nos poubelles est composé de restes de cuisine et de jardin compostables. Ce qui entraîne une double dépense et une double pollution.

30 à 50 % du volume de nos poubelles domestiques = matières organique compostable (tonte de pelouse, résidus de taille, feuilles mortes, épluchures ….)
⇒ 100 kg /par habitant/par an

Le double avantage du compostage Le compostage permet le recyclage des déchets organiques et la fertilisation du jardin.


Principe

Le composte provient de la transformation aérobie de déchets organiques par le biais de microorganismes. Le produit obtenu se transformera dans le sol en humus
Pour se développer et assurer le compostage, les organismes ont besoin :
– d’oxygène – de carbone (source d’énergie)
– d’eau (mais pas trop) – d’azote (mais pas trop)
– d’un milieu non acide – de sels minéraux


Que peut-on composter

En principe, tous les éléments biodégradables (non pollués !)

 

oui

non

Déchets de jardins
Tontes de Gazons, feuilles, fleurs fanées, mauvaises herbes

déchets de jardins
Végétaux traités, trop malades, graines de plantes envahissantes,
tailles de thuyas ou cupressus, feuilles de noyers
Résidus de conifères

Déchets de cuisine
Epluchures, coquilles d’œufs, marc de café (+ filtre papier), restes de laitages, fruits et légumes abimés, pain, viande, aliments avariés,….

Déchets de cuisine
Coquillages durs, coquilles dures (noix), os non broyés, étiquettes des fruits

Déchets de maison
Mouchoirs en papier, essuie-tout, cendres de bois, sciures et copeaux, papier journal, cartons, tissus naturels (coton, lin, laine)

Déchets de maison
Balayures de maisons, contenu des sacs d’aspirateur, sciure et bois traités, cendres de charbon, suie, papiers et carton imprimés en couleur, la litière chat, les couches

Parmi tous ces matériaux, on distingue
Les matières carbonées (C)
= déchets bruns, durs et secs ⇒seules ⇒ décomposition lente
(les branches, feuilles mortes, la paille, le papier, le carton,….)

Les matières azotées (N)
= les déchets verts, mous et mouillés ⇒ seules ⇒ fermentation
(les épluchures de fruits, les restes de légumes, tonte de gazon)


Pour un compostage efficace

REGLE N°1 : CONTROLER LE RAPPORT C/N DES MATERIAUX APPORTES
Les microorganismes responsables du compostage consomment 30 fois plus de carbone (C) que d’azote (N)

Il faut donc apporter 20 à 30 fois plus de C que de N.
Or la composition en carbone et azote de chaque matériau varie :
– tonte de pelouse : C/N = 12
– déchets de cuisine : C/N = 25
– feuilles mortes (chêne) : C/N = 50
– Paille de blé : C/N = 130
– Sciure : C/N = 500

Donc pour un apport de 10 kg de tonte de pelouse, il faut ajouter par exemple :
– 15 kg de feuilles
– ou 2 à 3 kg de paille de blé
– ou 1 kg de sciure
En pratique, il faut :

1 part de bruns (carbonnés) + 1 à 2 parts de verts (azotés)

Remarque :
Les matières carbonées = matériaux structurants,
Si pas assez de C ⇒ le tas se tasse trop
⇒ Fermentation ⇒ mauvaise odeurs + ralentissement du processus

REGLES N°2 : CONTROLER L’AERATION
L’oxygène est indispensable à la vie des organismes du compost
Bonne aération ⇒ Bonne décomposition (si les autres paramètres sont respectés !)
Mauvaise aération ⇒ Processus anaérobique ⇒ mauvaises odeurs
Les besoins en oxygènes sont très importants en début de processus, il est donc nécessaire de bien l’aérer et de le brasser à chaque nouvel apport.
Le retournement redonne un coup de feu au compost, le processus biologique redémarrera et la température va de nouveau augmenter.

REGLES N°3 : CONTROLER LE TAUX D’HUMIDITE
L’eau est également nécessaire au développement des micro-organismes. la peau des vers rouges doit toujours restée humide !
Elle est apportée principalement par les composés azotés (+ arrosage si besoin)
– manque d’eau ⇒ ralentit la décomposition
– surplus d’eau ⇒ ralentit le compostage + processus anaérobique ⇒ mauvaises odeurs

Il est donc important de vérifier régulièrement l’humidité d’un compost en formation :
Test de la poignée : Prenez une poignée de compost dans la main et pressez la :
1/ quelques gouttes perlent entre les doigts + le matériau ne se disperse pas quand vous ouvrez la main
⇒ le compost a une bonne humidité
2/ un fin filet d’eau s’en échappe
⇒ il est trop mouillé
3/ rien ne coule et le paquet se défait
⇒ Il est trop sec

Test de la tige métallique :
Après deux ou trois jours, enfoncer une tige métallique dans le compost. Après 10 ou 15 minutes retirez la :
1/ chaud et humide
⇒ le compostage se passe bien et a une bonne humidité
2/ froid et humide
⇒ il est probablement mouillé
3/ chaud et sec
⇒ Il n’y a probablement pas assez d’eau

Les techniques COMPOSTAGE EN TAS
= Technique demandant le moins d’aménagement

2 types de gestion possible :
– tas monté en une fois (quand 1m3 minimum de matières avec un bon équilibre C/N est apporté en une fois, à la taille des haies par exemple)
– tas monté par petits apports réguliers
Conseils :
– emplacement = à l’ombre + à l’abri des regards
– directement sur le sol, mais pas dans un trou (pour l’aération et les jus)
– commencer par mettre quelques branchages sur le sol avant les déchets organiques
– toujours couvrir le tas (géotextile, paille, feuilles, carton….)
– retourner le tas tous les 1 à 2 mois

COMPOSTAGE EN SILO
= technique semblable au tas (plus simple et plus propre)

Aménager si possible 3 à 4 bacs :
– 1 pour le compost jeune
– 1 pour le retournement
– 1 pour le 2ème retournement et la maturation
– 1 bac de réserver carbonée

s’assurer que :
– Accès à l’intérieur du bac facile
– Retournement du compost facile
– bonne ventilation (de tous les côtés)

Remarque : aménagement adaptable aux logements collectifs

COMPOSTAGE EN FUT
= technique idéal pour les petits jardins
Conseils :
– préférer les fût en matière plastique (épais et légèrement souple)
– de couleur foncée
– emplacement en plein soleil

Attention : Le volume de matière étant plus faible, la montée en température est moins importante donc ne pas mettre de plantes indésirables (mauvaises herbes) montées en graines !

Le SMITOM a réalisé une carte interactive permettant de situer les sites de compostage partagés présents en Tarentaise, 34 à ce jour. Voici le lien → Cliquez ici